Djamaa El-Kébir ou la Grande Mosquée d’Alger

Située à la Rue de la Marine, la Grande Mosquée d’Alger ou Djamaa El-Kébir, classée monument historique au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, en 1992 , est la plus ancienne mosquée d’Alger.

Cet édifice religieux, toujours en fonction, doit sa forme et son minaret actuel au grand souverain Abou Tachfin de la dynastie des Zianides. Un homme très pieux, qui la rattache au style architectural arabo-andalou développé par les grandes dynasties almoravide et mérinide au Maghreb et en Andalousie.

La Grande Mosquée d’Alger (Djamaa El-Kébir) fut construite par L’Almoravide Youssef Ibn Tachfin en 1097. Le minaret date de 1324 et fut construit par le sultan Zianide de Tlemcen. La salle de prière, sans coupole centrale, est hypostyle; les piliers sont reliés par de grands arcs. Le « mihrab » est décoré de colonnes et de céramique. Le minaret, quant à lui, est surmonté d’une hampe que traversent trois boules de cuivre de grosseur décroissante. La galerie extérieure n’est pas d’origine. Elle a été ajoutée en 1836 et ses colonnes de marbre à chapiteaux, décorés de motifs floraux, proviennent de la mosquée Es Sayida qui s’élevait a la Place des Martyrs et que l’on jeta a bas en 1830. Plus récemment on a recouvert les tuiles rouges de son toit de rouleaux d’étanchéité.

Djamaa El-Kébir : Près de 1000 ans d’existence !

Djamma El-Kébir est construit en pierre, brique, tuile et bois sur une charpente de bois. Le décor intérieur est fait de céramique et de bois. Sur le « minbar », en graphie kufique, y est inscrit : “Au nom d’Allah, le Clément le Miséricordieux. Cette chaire a été achevée le premier du mois de Rajab de l’année 490. Oeuvre de Mohamed.”. Il serait, ainsi, antérieur à la mosquée elle-même et fut probablement réemployé dans le nouvel édifice par un certain Mohamed.

Alors que sur une plaque de marbre blanc placée sur l’un des murs, prés de l’entrée du minaret, on peut y lire ( en arabe) : “ Au nom d’ Allah le Clément le Miséricordieux, qu’Allah bénisse notre seigneur Mohamed! Lorsque le prince des musulmans Abou Tachfin, qu’Allah le fortifie et l’assiste, eut achevé le minaret d’Alger en un laps de temps qui commence le dimanche 17 dhil Qi’da de l’an sept cent vingt-deux, se termine et s’achève le premier du mois du rajab de l’an sept cent vingt-trois, le minaret susdit, s’écria dans la langue (muette) à propos de sa situation actuelle : ‘ Ou existe-t-il un minaret a la beauté comparable a la mienne ? Le prince des musulmans adresse des pommes dont il m’a revêtu pour m’embellir et a complété ma construction.’ “