Tourisme : Après une saison estivale ratée, place à la saison saharienne

Après une saison estivale totalement ratée pour cause de pandémie et de confinement, les agences de voyage et les hôteliers, mis à rude épreuve, mais aussi les touristes, misent énormément sur la saison dite saharienne qui débute, officiellement, le 1er octobre et se prolonge jusqu’à fin mars.

Pour Rostom, fondateur et gérant de la « Maison d’hôtes Taskift », à Ghardaia, la pandémie de la Covid-19 est une période très difficile mais dans laquelle il peut y avoir du positif pour ceux qui ont une vision lointaine, à savoir qu’il a été obligé de trouver des alternatives, sur le plan touristique, via des visites et ateliers artistiques virtuels. Mais qu’il attend cette nouvelle saison saharienne avec impatience, synonyme de début de changement pour lui, et se dit totalement prêt à commencer à recevoir les touristes pour leur arborer, fièrement, ses idées novatrices et le coté écologique de sa maison d’hôtes ainsi que celui de sa ville.

Takbout Said, propriétaire de la « Maison traditionnelle Akham », à Ghardaia, et du gite « Akham N’Timimoun », est quant à lui plus radical : « Comme toutes les résidences, ici à Timimoun, nous sommes pratiquement fermés depuis le début de cette pandémie. Nous avons même été obligés de faire une compression du personnel! » et de renchérir avec une note d’espoir : « Et j’espère franchement que ça va redémarrer durant ce mois d’octobre. Nous avons une demande assez importante émanant d’agences de voyage et de groupes, notamment avec la fête du « Sbou' » (Mewlid ennabaoui eccharif- naissance du prophète Mohamed QSSSL, fête classée au patrimoine mondial de l’humanité) en espérant que cela va améliorer cette situation ».

« Très difficile, mais on essaye de remonter la pente », telle a été la réponse de Leffad Nawel, directrice de l’agence de voyages « Melyna Voyages », quant à comment elle a vécu cette période de pandémie sur le plan professionnel. « J’espère que cette saison saharienne sera bénéfique et que nous n’aurons pas de mauvaises surprises comme cela a été le cas l’année passée! » (NDLR : où la wilaya de Béchar, via la direction du tourisme, avait interdit toute activité touristique et tout hébergement en hôtel, dans les communes de Taghit et de Beni-Abbés, et ce, à la dernière minute sans en aviser, suffisamment tôt, les agences de voyage qui avaient déjà pris des engagements avec leurs clients) a t-elle ajouté en précisant : « Nous misons tout sur cette saison saharienne pour essayer de compenser, un tant soit peu, les pertes dues à la Covid-19 ».

Pour Nadir et Mounia, un jeune couple trentenaire, cette pandémie a été désastreuse sur le plan psychologique, eux qui ont l’habitude de voyager durant leurs vacances d’été. « On a pris l’habitude, depuis quelques années, de programmer nos vacances et de bien en profiter durant le mois d’août. Malheureusement, ça n’a pas été possible cette année et on ne sent vraiment pas prêts à reprendre le travail dans ces conditions. C’est très dur! » nous ont-ils expliqué et d’ajouter : « Maintenant, nous misons tout sur les vacances d’hiver et espérons pouvoir voyager au Sahara pour décompresser et nous reposer sur le plan mental ».

Cette saison saharienne véhicule énormément d’espoir pour les professionnels du tourisme, tels-que les hôteliers, agences de voyage, artisans, restaurateurs, guides et transporteurs, mais aussi de toute une population avide d’espace, de nature, de découverte, de divertissement et de vacances, tout simplement!